Les grilles de mise en page.
Définition.
La grille de mise en page a été théorisée par le graphiste suisse Joseph Muller Brockmann dans les années 1960, notamment dans son ouvrage Grid Systems in Graphic Design. Elle permet de découper le format dans sa largeur (et plus tard dans sa hauteur) en plusieurs parties égales, séparées par des espaces verticaux. L’usage des colonnes ainsi créées permet de travailler avec des « zones », proportionnelles entre elles, ce que l’œil du lecteur perçoit immédiatement.
Pourquoi utiliser une grille de mise en page ?
Lorsque j’ai commencé à utiliser de plus en plus de grilles, j’ai remarqué à quel point la mise en page était nettement plus rapide. Elles vous permettent véritablement d’organiser et de structurer votre design. D’ailleurs, elles vous épargnent un certain travail de réflexion, car vous voyez facilement où un élément devrait être aligné. Elles sont particulièrement utiles lorsque vous concevez des documents riches en texte, tels que des magazines ou des rapports, qui exigent de la cohérence. Si vous travaillez sur un projet avec d’autres concepteurs ou que vous en élaborez les lignes directrices, une grille garantit une structure identique à tous vos designs.
Quels sont les différents types de grilles ?
Grille multi-colonnes
La grille multi-colonnes est sans doute la grille la plus couramment utilisée. Sa configuration peut faire une grande différence dans la mise en page. Par exemple, si vous travaillez sur un document A5, il est peu probable que vous scindiez votre page en plus de 2 ou 3 colonnes. Si vous en utilisez plus, les lignes de votre texte seront trop petites et compliquées à lire. Pour une lisibilité optimale, les lignes du texte doivent comprendre entre 50 et 60 caractères. Vous pouvez évidemment dépasser cette fourchette, mais votre texte sera difficile à lire si vous vous en éloignez trop. Les journaux utilisent des grilles multi-colonnes car elles leur permettent de mettre plus de texte dans une même zone. Plus il y a de colonnes, plus il y aura de texte. En revanche, si les colonnes deviennent trop étroites, elles seront illisibles.
La taille des marges et des gouttières de votre grille peut vraiment faire la différence entre une page suffisamment aérée ou trop encombrée.
Lorsque vous concevez un document, il convient parfois de doubler le nombre de colonnes initialement envisagé. Par exemple, si vous travaillez sur une page A4 et que vous songiez à utiliser une grille à 3 colonnes, optez plutôt pour 6 colonnes. Vous disposez ainsi d’une plus grande souplesse dans votre design. Il est toujours possible de distribuer un texte en 2 colonnes et d’en utiliser une troisième – plus étroite – pour y aligner des encarts avec photos, des légendes ou des graphiques.
Grille superposée
Superposition de 2 grilles, en général simples : 2, 3 ou 5 colonnes. Ici, une deux colonnes (en rose) se superpose à une trois colonnes (en vert). Cette superposition permet de créer des espaces, des réserves, des décrochés.
Grille modulaire
La grille modulaire est un découpage du format en plusieurs modules, en général rectangulaires. Ces modules sont ensuite utilisés par 1, 2, 3, 4 etc. Cette grille permet non seulement de segmenter le contenu dans la largeur mais aussi d’avoir des points de repères dans la hauteur de la page.
Quelles sont les différentes parties d’une grille ?
Une grille comporte plusieurs parties :
- Colonnes : sections verticales de l’espace qui divisent la page
- Gouttières : espaces entre les colonnes.
- Marges : espaces entre le bord de la page et le contenu principal
- Lignes : sections horizontales de l’espace qui divisent la page
- Modules : zones/blocs situés entre les lignes verticales des colonnes et les lignes horizontales des lignes
MARGES
Petit fond, grand fond, blanc de tête et blanc de pied
COLONNES
Les colonnes structurent la page. Elle consistent en une division de l’espace utile (zone entre les marges) en espaces proportionnels.
FONDS PERDUS
Les fonds perdus sont une zone, en général de 3mm ou 5mm autour document (ajouté au format fini donc), qui servent à garantir l’absence d’interruption des éléments graphiques au moment du massicotage.
GOUTTIERES
Les gouttières sont les zones entre chaque colonne. Par leur espace, elle permettent la circulation du blanc dans la page et son aération.
LIGNES DE FORCE
Les lignes de force sont arbitrairement placées dans la page, de sorte à donner une dynamique à la mise en page par l’accrochage d’éléments sur cette ligne invisible.
REGLE DE TIERS ET POINTS DE FORCE
Le découpage du format en trois dans la largeur et dans la hauteur donne des points (4 par page) à l’intersection de ces lignes qu’on appelle point de force. Ces points de force attirent naturellement le regard.
Élaborez des grilles
Lorsque vous mettez en page un magazine, par exemple, il peut être utile d’élaborer une grille vignette avant de commencer. Imaginez que vous avez élaboré une page avec une grille à 6 colonnes. Vous pouvez désormais réfléchir aux éléments à ajouter sur votre page et expérimenter plusieurs emplacements sur la grille. Cette démarche vous permet de déterminer bien plus facilement la position idéale de ces éléments pour en assurer l’équilibre.
Enfreignez les règles des grilles
Utiliser une grille pour votre design ne vous oblige pas à la suivre de manière rigide. Si vous pensez qu’il est préférable de ne pas aligner un élément avec la grille, suivez votre instinct. L’objectif d’une grille est de créer une structure, mais celle-ci ne doit pas réfréner votre style.